Soif, le tarot des eaux

Reportage vidéo lors de notre deuxième semaine de résidence, à l’Abbaye de Noirlac

Soif …
Aujourd’hui une sensation que l’on a presque oublié dans nos sociétés gavées de robinets,
où la soif est devenue synonyme de boire de l’alcool à outrance,
puisque le manque d’eau n’est plus un souci.
Avoir soif.
De liberté, d’amour.
Le désir brûlant, non pas l’envie, le souhait ou l’espoir.
La soif, la nécessité.
L’eau est non seulement un enjeu essentiel
mais constitue aussi cette chose commune qui relie tout être vivant,
qu’il soit végétal, animal, humain,
C’est un don qui met en relation. C’est ce lien et cette interdépendance que nous souhaitons questionner, explorer avec le public.
Une proposition aux multiples facettes pour faire la louange de l’eau, et de sa qualité première : celle de la relation.
« Quelles sont nos soifs ? »
Telle est la question qui sous-tend cette création, et avec elle, la question de nos désirs.
Car le changement, notre capacité à faire évoluer notre rapport à l’eau ne se fera pas à cause d’une peur de la catastrophe liée à sa rareté ou sa pollution grandissante, ni à cause d’une culpabilisation à outrance, liée à son gaspillage mais bien grâce à un élan de désir, désir de se relier à soi, aux autres, au monde.

…. Le tarot des eaux 
Le tarot est un jeu de cartes connu depuis le XIVe siècle.
Il est composé notamment de 22 arcanes (appelées aussi atouts) qui représentent
des figures symboliques de savoirs (la Papesse, l’Ermite),
des figures d’expériences (l’Empereur, le Diable),
des forces naturelles (la Lune, le Soleil, les Etoiles)
et des figures de l’exploration (le Mat, L’Amoureux)
Nous avons transposé ces figures symbolique au monde des eaux
et nous nous sommes rendus compte que l’ensemble des 22 arcanes rentre en parfaite résonance avec tous les aspects de l’eau
dans son cycle naturel comme lors son utilisation par l’homme.
Le navigateur, le sourcier, l’amphibien, le gardien de phare, la porteuse d’eau, les marées, le déluge, la mer-mère, etc.
Ces arcanes sont comme les pierres d’un gué qui nous permettent de parcourir les différentes facettes du monde des eaux et sont devenus de véritables partenaires de jeu de ce spectacle.

L’eau d’un territoire
Pour évoquer l’eau, ce commun partagé du vivant, nous avons imaginé d’abord ancrer ce rapport dans le territoire.
Car nous ne vivons jamais l’eau en général, mais toujours liée à un territoire.
C’est pour cela aussi que nous souhaitons que cette proposition ait lieu à chaque fois à proximité d’un point d’eau (rivière, lac, fontaine, mer, fleuve, source, etc.)
En préalable de chaque représentation, un collectage aura lieu auprès des connaisseurs, les associations, les amoureux du point d’eau concerné, pour pouvoir, lors du spectacle, partager les savoirs et les saveurs du point d’eau choisi.
Quelle en est la source, l’embouchure? La faune, la flore ?
Les pratiques, les problématiques, les anecdotes qui sont liées à ce point d’eau ?

Tout ce matériau sera utilisé lors de la représentation, où nous donnerons à entendre au public l’histoire du point d’eau où se passe le spectacle.
associé à notre matériau, c’est-à-dire à la fois des aspects pratiques de l’eau (ou comment rendre les principes physiques de manière poétiques)
et des histoires, des contes issus de différentes traditions
et qui relate à quel point l’eau est l’élément clé de la relation et porteur de vie.

Création 2 mai 2020.
Partenaires :
Abbaye de Noirlac, Centre culturel de rencontre
Animakt, lieu de fabrique pour les arts de la rue, du cirque et d’ailleurs, Saulx-les Chartreux
La Cité du Mot, Centre culturel de rencontre, Charité-sur-Loire
La Fabrique, Savigny-sur-Grosne
Ricochets sur les Pavés, Arcueil
La Transverse, Corbigny


Conception : Francine Vidal​
Ecriture : Francine Vidal​
Jeu : Reinier Sagel et Francine Vidal
Scénographie : Nicolas Diaz
Régie : 
Philippe Royer
Costumes :
Nathalie Martella
Production : 
 Marion Villar
Avec la collaboration de : Nadine Virly pour sa connaissance du tarot, et d’Elsa Fantino pour le trident de Poseïdon

 

 

 

 

 

 


Crédit photo de couverture : Merci à Pascal Desroche / extrait de la photo L’AccordéOnde/ www.desroche.fr