Ta langue est ton cheval

Se rassembler pour dire et écouter des histoires
m’a semblé très tôt un acte fondateur et salvateur.
Bientôt 25 ans que je me consacre à cet art en racontant des histoires de toutes sortes :
des histoires vieilles comme le monde,
des farfelues, des surréalistes, des récits de vies.

Après avoir commencé à la fin des années 1990
une carrière comme conteuse solo,
je préfère assez vite m’associer à d’autres artistes
pour monter des projets collectifs
comme Le Dit du Bambou, souk de la parole,
ou plus récemment Café Ulysse
des formes qui mêlent à la fois
une dimension spectaculaire et une véritable proximité.

Puis au fil des années, ma manière de faire s’est enrichie
par une dimension visuelle et musicale,
qui se traduit par l’exploration de la polyglossie et de la langue des signes.
Grâce à l’emploi de différentes langues,
qui reflètent de manière intrinsèque les richesses de l’humanité
à penser et représenter le monde,
j’ai vu à quel point la parole devient ainsi musique et danse à la fois
et combien cela favorisait l’écoute.
Ainsi, lorsque fin 2018, Christophe Blandin-Estournet,
directeur de la Scène Nationale de l’Essonne, Agora-Desnos en région parisienne,
me propose de venir faire une série de représentations sur ce territoire
où vivent des familles originaire des quatre coins du monde.
J’imagine alors une sorte de tour de Babel,
Babel des langues humaines bien sûr
mais aussi celle du langage des animaux.

L’oeuvre d’Edouard Glissant m’accompagne depuis plusieurs années et notamment cet extrait de L’imaginaire des langues (Ed. Gallimard) :

« Je pense que dans l’histoire de tous les arts et de toutes les cultures,
il y a la nostalgie de ce moment primordial – et non pas primitif –
où le même était en rapport en l’autre.
Le même qui était l’habitant des cavernes, par exemple,
son autre ce n’était pas un autrui,
son autre, c’était l’animal et l’entour.
Dans ce sens, quand il rencontre l’autrui et que commencent les guerres,
et que commence la vie de société,
il abandonne la tentative de fusion et de communion
avec l’autre qui était l’animal et l’entour
pour entrer dans les vicissitudes de la vie en société et peut-être de l’histoire. »
Comprendre le langage des animaux est un rêve partagé par toutes les civilisations.
Traduit par des onomatopées différentes selon les pays,
jouer, imiter le cri des animaux est un des premiers plaisirs partagés
entre enfants et parents.
Et les histoires d’animaux, les fables, les contes, ont toujours été,
une manière de lire, d’interroger le monde et le fonctionnement d’une société.

Francine Vidal, septembre 2019


Premiers éléments

Devant une sorte de totem représentant plusieurs animaux,
et d’où sortent des sons, des voix, des chants, des cris d’animaux,
Francine Vidal va raconter ce que se disent les animaux,
au sujet de cet autre animal si curieux qu’est l’homme.

Ces histoires vont se raconter à la fois en français et avec des langues différentes
(wolof, bambara, langues arabes et orientales, sud-américaines, inuit, ou encore slaves)
et la LSF (langue des signes française)
pour incarner tour à tour les différents animaux de la savane, de la forêt et des plaines.

Des voix et des sons enregistrés vont être diffusés
et se mêler à la parole en live,
comme de véritables partenaires de jeu.

Le totem lui-même pourra tourner sur lui-même
et ainsi découvrir ses différentes facettes au fur et à mesure du spectacle,
faisant ainsi aussi référence à la Tour de Babel par sa forme.

Ce totem va s’inspirer des totems de différentes traditions
pour représenter toutes sortes d’animaux, du plus gros au plus petit.
Il sera réalisé avec des matériaux aussi variés
que le bois, le fer, des matériaux divers de récupération.
Il fera une taille d’environ 2 mètres pour un diamètre de 40 centimètres
Le système de diffusion sonore sera intégré au totem.
Ce spectacle va s’adresser à tous, accessible dès 5

Ce spectacle va s’adresser à tous, accessible dès 5 ans.
Il pourra se jouer sur un plateau de théâtre comme dans des lieux non-dédiés.
Jauge : à déterminer, autour de 100 personnes
Durée : 60 minutes environ

Création 6 avril 2020.
Partenaires :
Scène nationale de l’Essonne, Agora-Desnos

La Maison du Conte, Chevilly-Larue
Le Galpon, Tournus
Studio des Trois Oranges, Audincourt
Avec le soutien (en cours) : DRAC Bourgogne-Franche-Comté – Conseil Départemental de Saône-et-Loire – SPEDIDAM
La Compagnie Caracol est conventionnée par le Conseil régional de Bourgogne-Franche Comté


Conception et co-écriture : Francine Vidal
Co-écriture et mise en scène : Jean-Jacques Fdida
Interprétation : Francine Vidal
Scénographie et création du totem : Nicolas Diaz
Costumes : Nathalie Martella
Création sonore : distribution en cours
Traducteurs langues étrangères et LSF : distribution en cours
Régisseur son : distribution en cours